Théodule Ribot 1823-1891

Présentation

Fils d'un ingénieur civil de l'Eure, Théodule Ribot reçoit une première formation technique en dessin géométrique avant d'entrer à l'École des Arts et Métiers de Chalons. La mort prématurée de son père, en 1840, l'oblige toutefois à interrompre ses études afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il travaille alors auprès de peintres décorateurs, avant de s'installer à Paris en 1845, où il est employé comme commis dans l'atelier d'Auguste-Barthélemy Glaize. Après un séjour de 1848 à 1851 en Algérie, où il supervise des travaux de construction, il revient à Paris et mène une existence difficile, réalisant des dessins industriels et des copies d'après Watteau destinées au marché américain, tandis qu'il peint pour lui-même durant ses heures de liberté. Admirateur passionné de Courbet, de Ribera, de Rembrandt et des maîtres espagnols, il participe en 1859, aux côtés d'Henri Fantin-Latour, Alphonse Legros, James McNeill Whistler et François Bonvin, à la célèbre exposition privée des « Refusés », prélude au Salon des Refusés de 1863. Sa véritable reconnaissance intervient en 1861 lors de sa première participation au Salon, où ses scènes de cuisine et de basse-cour séduisent la critique par leur réalisme puissant et leur clair-obscur inspiré des maîtres du XVII siècle. Récompensé par des médailles aux Salons de 1864 et 1865, puis à l'Exposition universelle de 1878, il est fait chevalier de la Légion d'honneur la même année, avant d'être promu officier en 1887. Après la destruction d'une grande partie de ses œuvres lors de la guerre de 1870, il s'installe définitivement en 1871 à Colombes, où il réalise l'essentiel de sa production. Bien que la maladie l'éloigne progressivement de la peinture, sa réputation ne cesse de croître : en 1884, ses amis Fantin-Latour, Boudin, Bastien-Lepage, Puvis de Chavannes, Rodin et Monet lui offrent un banquet en hommage à celui qu'ils considèrent comme un véritable « artiste indépendant ». Père du peintre Germain-Théodore Ribot, Théodule Ribot s'éteint en 1891, laissant une œuvre d'une profonde sincérité, aujourd'hui considérée comme l'une des expressions les plus personnelles et les plus puissantes du réalisme français.