Pelle Swedlund 1865-1947
Né à Gävle en 1865, Pelle Swedlund grandit dans un milieu suédois cultivé et entreprend d'abord des études à l'université d'Uppsala avant de se consacrer définitivement à la peinture. Installé à Stockholm à partir de 1887, il suit l'enseignement de l'Académie royale des Beaux-arts de 1889 à 1892 tout en fréquentant les cercles artistiques les plus novateurs et en se passionnant pour les écrits de Viktor Rydberg, dont le symbolisme et les références mythologiques marquent durablement sa pensée. Dès 1892, il poursuit sa formation à Paris à l'Académie Julian auprès de Jean-Paul Laurens et Benjamin-Constant. Ses séjours successifs à Palaiseau, en Bretagne, à Concarneau en 1893-1894, puis en Suède, où il développe un langage de plus en plus synthétiste, révèlent l'influence de Pascal Dagnan-Bouveret, d'Émile Bernard et surtout de Paul Gauguin, dont il admire les recherches formelles. À partir de 1898, Bruges devient une source d'inspiration majeure ; ses vues mélancoliques de la cité flamande, exposées avec succès en Suède, lui valent une reconnaissance croissante. Entre 1900 et 1904, il séjourne longuement en Italie, principalement à Chioggia, Rome et Montefiascone, où la lumière méditerranéenne renouvelle profondément sa palette. Tandis que ses voyages continuent de nourrir un œuvre oscillant entre naturalisme, synthétisme et symbolisme, les années 1905-1908 marquent son affirmation sur la scène artistique scandinave, ponctuée d'expositions à Stockholm, Göteborg, Berlin, Budapest et à la Biennale de Venise, où il avait débuté en 1901. Après 1909, il revient plus durablement aux paysages suédois, notamment ceux de Gotland et des environs de Stockholm, tout en menant des recherches personnelles sur les effets de lumière et de couleur qui l'amènent à expérimenter ponctuellement le néo-impressionnisme, puis, dans les années 1920, à simplifier progressivement les formes jusqu'à des compositions proches de l'abstraction. Cette évolution, nourrie tant par le synthétisme que par sa connaissance des avant-gardes européennes, demeure toutefois toujours attachée à la suggestion poétique du paysage. En 1931, il est nommé directeur de la Thielska Galleriet à Stockholm, fonction qu'il occupe pendant quinze ans. Un an avant sa disparition en 1947, Pelle Swedlund bénéficie d’une importante rétrospective organisée à Gävle, témoignant d’une œuvre qui compte parmi les plus singulières du symbolisme scandinave, ouverte aux innovations de l'art moderne sans jamais renoncer à une profonde dimension poétique.

