Flavio Bertelli 1865-1941

Présentation

Issu d’une famille cultivée de San Lazzaro di Savena, près de Bologne, Flavio Bertelli effectue sa première formation auprès de son père le peintre Luigi Bertelli. Après des études à Florence dans l’atelier de Telemaco Signorini, l'une des grandes figures des Macchiaioli dont l'enseignement marque profondément sa sensibilité, il intègre à dix-huit ans l'Académie des Beaux-arts de Bologne, où il obtient plusieurs distinctions. Peintre prometteur, il fait ses débuts à l'Exposition nationale des Beaux-Arts de la ville en 1888, puis participe, en 1891, à la première Triennale de Brera, où il fait la rencontre décisive de Vittore Grubicy de Dragon, principal théoricien du divisionnisme italien. Cette même année, la faillite de l'entreprise familiale le plonge dans une situation matérielle difficile, mais cette épreuve coïncide avec l'affirmation de sa personnalité artistique. Installé dans un modeste atelier du Palazzo Bentivoglio, Bertelli fréquente les milieux intellectuels bolonais et prend part aux activités de l'éphémère Accademia della Lira. Exposant régulier à partir de 1895 des salons de la Société Francesco Francia tout juste fondée par Raffaele Faccioli, ses paysages, témoignant d’une subtile assimilation du divisionnisme (fig. 1), rencontrent un certain succès à l'Exposition nationale de Turin en 1898. Outre son activité d’illustrateur, l’artiste reçoit plusieurs commandes de grands décors, notamment en 1905 le baptistère de l'église San Ansano de Pieve del Pino, avant d'être nommé, en 1909, académicien de l'Académie des Beaux-arts de Bologne. Bouleversé par la guerre, il subit une profonde crise dépressive en 1918, l’amenant à abandonner progressivement la rigueur du divisionnisme au profit d'une écriture plus libre, pour renouer avec les leçons de Signorini et des Macchiaioli. Invité à la Première Biennale romaine et à la Fiorentina Primaverile en 1921, il parcourt durant les années suivantes la Romagne et les Marches, peignant des paysages d'une grande délicatesse lumineuse. Installé à Cagnona di Bellaria à partir de 1933, Bertelli poursuit jusqu'à la fin de sa vie une peinture de plus en plus épurée, où la matière semble se dissoudre dans la lumière sans rien perdre de son intensité poétique.