Emile Fabry 1865-1966
Né à Verviers en 1865, Émile Fabry effectue sa formation à l'Académie royale des Beaux-arts de Bruxelles dans l'atelier de Jean-François Portaels. Rapidement épris d’un idéal esthétique résolument symboliste, il assimile les leçons de Puvis de Chavannes, de Michel-Ange et des maîtres italiens avant de s'ouvrir aux écrits de Maurice Maeterlinck et de Joséphin Péladan. En 1892, il compte parmi les membres fondateurs du cercle Pour l'Art, aux côtés de Jean Delville, pour lequel il réalise plusieurs affiches, puis participe aux Salons de la Rose+Croix à Paris en 1893 et 1895. Ses premières œuvres, souvent visionnaires et empreintes d'une inquiétante spiritualité, témoignent d'un symbolisme puissant où figures tourmentées, visions hallucinées et recherches pré-expressionnistes traduisent une intense vie intérieure. À partir du début du XXᵉ siècle, son style évolue vers un idéalisme monumental : nommé professeur à l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles en 1901 (où il enseigne jusqu'en 1939), il développe un langage personnel fait de figures sculpturales baignées d'une lumière vibrante, obtenue par une touche divisée et l'emploi fréquent de la tempera et de la peinture à l'œuf. Ami de Victor Horta et Paul Hankar, il collabore à la décoration de plusieurs demeures emblématiques de l'Art nouveau, notamment les hôtels communaux de Saint-Gilles, Laeken et Saint-Josse, avant de se consacrer à de vastes ensembles décoratifs, parmi lesquels le Théâtre de la Monnaie entre 1905 et 1925, le Musée de l'Afrique centrale de Tervuren ou encore les mosaïques du Cinquantenaire réalisées en 1926 avec le groupe L'Art Monumental, fondé quelques années plus tôt en 1920. Réfugié en Angleterre durant la Première Guerre mondiale, sa découverte des Préraphaélites vient enrichir son vocabulaire artistique et approfondir ses réflexions sur l'harmonie, la lumière et les rapports entre peinture, architecture et spiritualité. Soutenu par des personnalités telles que la reine Élisabeth de Belgique, Émile Fabry demeure jusqu'à sa disparition en 1966 à Woluwe-Saint-Pierre, l'une des figures majeures de l'idéalisme symboliste belge.

