DIana Cid Garcia de Dampt 1861-1938

Présentation

Née en 1861 à Lobos, dans la province de Buenos Aires, Diana Cid García de Dampt appartient à cette génération pionnière de femmes artistes qui contribuèrent à l'émergence du Symbolisme en Amérique latine tout en s'intégrant pleinement aux réseaux artistiques parisiens. Se vouant à une carrière d’artiste peintre, elle n’a que seize ans lorsqu’elle se rend dans la capitale française pour s'établir à Montparnasse. Elle y bénéficie de l'enseignement d’Edmond Aman-Jean (fig. 1), avec qui elle entretient rapidement une étroite amitié, devenant même la marraine de son fils. En 1898, elle épouse l’un de ses amis intimes, le sculpteur français Jean Dampt, figure importante du renouveau des arts décoratifs avec lequel elle collabore occasionnellement. Participant régulièrement aux expositions du Salon de la Société Nationale des Beaux-arts à partir de 1894, elle développe parallèlement une activité internationale remarquable en exposant fréquemment à Rio de Janeiro et Buenos Aires. C’est ainsi qu’elle suscite l'admiration du poète Rubén Darío, qui voit en elle l'une des révélations de la jeune peinture argentine, tout en soulignant ses affinités avec le Symbolisme parisien. Retournée à Rio pour perfectionner sa formation à l'École nationale des Beaux-arts, Diana Cid García de Dampt noue des liens étroits avec Eliseu Visconti ainsi qu'avec les frères Henrique et Rodolfo Bernardelli, devenant l'une des premières artistes latino-américaines à exposer régulièrement au Brésil. En 1904, le peintre et critique Eduardo Schiaffino organise son exposition personnelle à Buenos Aires avant de retenir cette même année six de ses œuvres pour le pavillon argentin de l'Exposition universelle de Saint-Louis, où elle remporte une médaille de bronze. Longtemps éclipsée par l'historiographie avant d'être redécouverte par les recherches récentes consacrées aux femmes artistes[1], son œuvre, peuplée de figures féminines rêveuses, d'allégories mystérieuses et de nus audacieux, s'inscrit pleinement dans l'esthétique symboliste internationale, mêlant les leçons d'Aman-Jean, de Puvis de Chavannes et de l'Art nouveau à une sensibilité profondément personnelle.



[1] Inna Pravdenko, “Diana Cid Garcia’s story as an Exercise in the Imaginative Reinvention of the Art Worlds”, Latin American and Latinx Visual Culture, Los Angeles, january 2022, Vol. 4, N° 1, p. 44-57.