Felice Casorati 1883-1963

Présentation

Issu d'une lignée de scientifiques, Felice Casorati passe son enfance au gré des affectations militaires de son père officier de carrière, entre Milan, Reggio d'Émilie, Sassari et Padoue. Après un diplôme de droit à l'Université de Padoue en 1906, il choisit de se consacrer entièrement à la peinture et débute dès l’année suivante à la Biennale de Venise, où il se fait rapidement remarquer. Installé à Naples entre 1907 et 1910, il étudie les maîtres anciens au musée de Capodimonte, notamment Pieter Brueghel l'Ancien, tandis que la découverte des œuvres de Gustav Klimt à la Biennale de 1910 oriente durablement son esthétique vers un symbolisme raffiné nourri par la Sécession viennoise. Établi à Vérone de 1911 à 1915, il fonde en 1914 la revue La Via Lattea et fréquente le cercle des artistes de Ca' Pesaro, côtoyant Arturo Martini, Gino Rossi ou Pio Semeghini. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, puis profondément marqué par le suicide de son père en 1917, il s'installe la même année à Turin, dont il devient rapidement l'une des personnalités artistiques les plus influentes. Il y ouvre un atelier-école qui formera plusieurs générations de peintres, parmi lesquels Carlo Levi, Francesco Menzio ou encore Jessie Boswell. Dans les années 1920, son style atteint sa pleine maturité : figures hiératiques, espaces silencieux, architecture rigoureuse et lumière suspendue composent un univers intemporel, inspiré autant par Piero della Francesca que par la métaphysique moderne, faisant de lui l'un des principaux représentants du réalisme magique italien. Son œuvre connaît une consécration internationale à travers les Biennales de Venise, la Quadriennale de Rome, les expositions de Zurich, Genève, Pittsburgh ou New York, tandis qu'il mène parallèlement une importante activité de décorateur, de scénographe et de designer. En 1931, il épouse son élève Daphne Maugham, nièce de l'écrivain Somerset Maugham, avec laquelle il a un fils en 1934, Francesco Casorati, qui deviendra lui aussi peintre. Professeur de peinture à l'Académie Albertina de Turin à partir de 1941, puis directeur en 1952 et président en 1954, Casorati demeure jusqu'à la fin de sa vie une référence incontournable de l'art italien moderne, à travers une œuvre d'une profonde poésie plastique, où la rigueur de la construction classique s'allie à une profonde intériorité.