Camille Mauclair est né à Paris, le 29 décembre 1872, et y est mort le 23 avril 1945.

 

Romancier, historien et critique d’art, il fut également artiste. On conserve peu de témoignages de sa production artistique, hormis quelques pastels, médium qu’il semblait préférer.

 

Se définissant comme un « écrivain d’art » plutôt qu’un historien, comme il était d’usage dans le milieu symboliste, Mauclair est l’auteur d’une centaine d’ouvrages et de milliers d’articles. Défenseur d’un art idéaliste, il est proche des symbolistes et participe aux mardis de Mallarmé à partir de 1891. C’est lui qui fera connaître le poète Jules Laforgue en France, et également lui qui fera jouer Maurice Maeterlinck pour la première fois dans le pays, au théâtre de l'Œuvre qu’il a fondé avec Paul Fort et Lugné-Poe.

 

Pendant un temps, Mauclair défend les mouvements artistiques contemporains, en premier lieu le symbolisme, mais aussi l’impressionnisme. Il réalise notamment les préfaces d’un grand nombre d’expositions d’artistes appartenant à ces mouvements, tel que Lucien Lévy-Dhurmer ou Henri Le Sidaner.

 

Cependant, dès 1897, il estime que l’art symboliste est mort (L'Ennemie des rêves, 1900), et à partir de 1905, son discours devient plus réactionnaire. Il condamne la modernité de l’avant-garde incarnée par les fauves, les cubistes, le Bauhaus et des architectes à l’instar du Corbusier (La Farce de l’Art vivant, 1929). Selon lui, ces mouvements blasphèment le culte de la beauté en rompant avec un idéal esthétique qui se doit d’exalter la tradition et une certaine sincérité. Il est alors l’un des premiers à dénoncer ce nouveau marché de l’art qu’il qualifie de mercantile et d’artificiel.

 

En effet, pour Mauclair, peu importe les bons ou les mauvais artistes, « nous n’avons à juger que les menteurs et les sincères, que la vanité est l'ennemie mortelle, la seule réellement terrible, de l'homme qui se sent doué de pensée et d'expression. » (Princes de l’Esprit, 1920)

 

En réponse à l’invasion de la modernité et à ce qu’il qualifie de décadence artistique – de règne de la laideur – Camille Mauclair entrevoit une alternative, celui de l’intimisme (Les Peintres intimistes, 1910) L’intimisme se présente comme un retour à la tradition, à l’exaltation du régionalisme et du sentimentalisme. Le symbolisme étant mort, le mouvement intimiste – représenté, pour Mauclair, par des artistes tels que Lucien Simon ou Emile René Ménard – hérite du symbolisme en cultivant « l’amour de la beauté » (La Beauté des formes, 1927) à travers des paysages et des natures mortes qui expriment « la vie intérieure des choses ou des êtres » (Lettre de Camille Mauclair à Maurice Denis). Toutefois, à la différence du symbolisme, cet art est social, car il restitue l’âme d’une ville, d’une région, d’un pays – Mauclair a ainsi livré beaucoup de témoignages de ses voyages.

 

Son nationalisme le conduit à encourager un art issu des racines françaises et des valeurs passées. Selon lui, les racines du génie de l’art français remontent au XVIIème siècle, lorsque des peintres comme Poussin, Vernet et Le Lorrain, redonnèrent à la France sa grandeur en peignant des paysages nobles et porteurs de sens moral.

 

Ainsi, pour Mauclair, le paysage et la nature morte sont les plus aptes à exprimer « la vie intérieure des choses [et la] vie du silence ». Mauclair et les intimistes « cherchent, non la peinture ‘littéraire’ mais la peinture ’pensée’, la peinture décor d’une idée ou d’une croyance » (Lettre de Camille Mauclair à Maurice Denis).