Présentation

Célèbre ingénieur suédois dont les multiples brevets d’invention firent la renommée tout au long de la première moitié du XXème siècle, Johan Axel Holmström est aujourd’hui surtout connu comme l’un des principaux pionniers de l’aviation scandinave. La redécouverte de deux importants tableaux de sa main nous invitent à reconsidérer de manière significative son œuvre artistique, et à le replacer au cœur de l’avant-garde européenne de son temps

Œuvres
Biographie

Né le 23 août 1870 à Gävle, sur la côte baltique de Suède, Holmström a grandi dans une famille de commerçants protestants. Montrant très tôt de réelles dispositions pour le dessin, il voue un intérêt précoce pour les arts, mais également pour les sciences et les mathématiques. Peu avant ses vingt ans, il obtient une bourse d’étude pour intégrer l’école des arts décoratifs de Stockholm (l’équivalent de l’actuelle Konstfack), avant de parfaire sa formation en Allemagne, successivement à Berlin, Munich et Düsseldorf. Il effectue également à l’époque un séjour d’étude à Paris, ville que le succès de l’exposition universelle de 1889 avait confortée dans la position de capitale mondiale des arts. En marge de ses études, Holmström met ses talents artistiques au service de l’Armée du Salut, mouvement international protestant fondé en 1865 par le pasteur méthodiste William Booth (1829-1912), qui avait connu un important rayonnement en Suède à partir des années 1880. Sergent-major au sein du corps de Gävle en 1889, il devient lieutenant du mouvement en 1890, et intègre le bureau de rédaction de son siège à Stockholm. Il y rencontre Augusta Härnström qu’il épouse en avril 1892, et avec laquelle il a quatre enfants entre 1893 et 1898. Devenu père de famille (nombreuse), Holmström travaille comme portraitiste, affichiste, illustrateur mais également photographe. Il crée sa propre agence de publicité à Gävle et connait un franc succès en œuvrant pour les grands industriels suédois, réalisant de multiples enseignes. Au cours des années 1896 et 1897, il peint ainsi une succession de grandes toiles figurant l’intérieur des forges de Sandviken, ainsi qu’un panorama de l’usine. Combinant l’esthétique aux techniques de l’industrie, ces peintures illustrent bien la dualité créative propre à Axel Holmström. Publicitaire ingénieux, ce dernier se fait particulièrement remarquer au salon industriel et agricole de Gävle de 1901 en présentant pour le compte de la verrerie Gefle une bouteille de bière de vingt mètres de haut, constituée de milliers de bouteilles vides.

 

Parallèlement, Holmström développe en autodidacte une activité d’ingénieur et s’intéresse en premier lieu à l’aviation tout juste naissante. Figurant parmi les précurseurs dans le domaine de la recherche aéronautique, il met au point dès 1897 plusieurs modèles innovants d’aéronefs avec des moteurs en caoutchouc et expérimente les premiers prototypes propulsés par des fusées. En 1901, il dépose le brevet d’une machine qui révolutionne les différents procédés de gravure et de reproductions de clichés. Appelée tour à tour machine Axel, Sirius, Mignon ou Axelette, elle tient sa particularité dans une mécanique huilée où les lames disposent avec une très grande précision le liquide de gravure sur la plaque servant de support. Diffusée en Allemagne et aux États-Unis, elle connaît un succès mondial et devient rapidement leader du marché, une place qu’elle occupe pendant plusieurs décennies, fournissant à partir de 1905 le New York Times et le Chicago Tribune.

 

Cette machine à graver fait en quelques années la fortune d’Axel Holmström, et lui permet de se vouer plus librement à la peinture. Il effectue au début du siècles plusieurs séjours prolongés en France et en Italie, et adopte pour sa palette une technique pointilliste, inspirée des néo-impressionnistes et du divisionnisme italien. A partir de 1903, il participe aux expositions internationales de Rome, suscitant l’intérêt de la critique italienne. En effet, dans son compte-rendu de la Mostra romaine de 1904 paru dans La Tribuna, le critique italien Primo Levi décrit Holmström comme un peintre « extraordinairement talentueux » issu de la « jeunesse nordique», qui a su se placer peu à peu parmi les premiers peintres modernes de son pays. Aux yeux du critique, sa peinture respire « la fraîcheur de Grieg, la complexité de Björnson et la profondeur d’Ibsen». Pointillistes, les œuvres aux atmosphères suggestives réalisées par Holmström à l’époque sont en effet le plus souvent empreintes d’une certaine forme de symbolisme puisée dans la littérature scandinave. Peu après son retour en Suède, l’artiste déménage avec sa famille à Stockholm. S’il se tourne à nouveau vers l’ingénierie aéronautique, il continue selon son biographe Jan Malmstedt d’exposer ses peintures et de se forger une réputation de peintre novateur. Ainsi, en octobre 1913, alors qu’il procède au lancement de son célèbre hydravion baptisé Havsörnen, le premier avion complètement suédois, le journal Norrlandsposten souligne que Holmström est non seulement un ingénieur doublé d’un inventeur hors-pair, mais également « un grand artiste». Néanmoins, force est de constater que le peintre semble peu à peu laisser la place à l’ingénieur en délaissant ses pinceaux pour s’occuper plus exclusivement des inventions à l’origine de sa fortune. Il poursuit l’amélioration de sa machine à graver et établit une usine à Philadelphie, aux États-Unis. Enfin, dans les années qui suivent, Holmström assoit définitivement sa notoriété d’inventeur en déposant plusieurs nouveaux brevets, notamment la première bombe spécialement conçue pour être larguée depuis un avion, l’un des premiers moteurs multicylindres et un dispositif révolutionnaire de refroidissement de l’air, ancêtre de la climatisation moderne. Il meurt en 1954 à Monaco. 

 
Expositions