Arthur Harald-Gallén est né en 1880, à Reval, en Finlande. En 1888, sa famille s’installe à Helsinki, où il commence à étudier. Des soucis financiers le conduisent à interrompre ses études en 1895. Il les reprendra seulement en 1900, à l’école de dessin de l’université, puis à l’école de dessin de l’Association des artistes qui lui délivrera un diplôme de professeur.

Sans moyen et guidé par une âme d’aventurier, il part en 1902 rejoindre Paris à pieds. Il atteint la capitale après quelques mois de marche dans le plus grand dénuement. En 1904, il emménage au 26 rue Lhomond, adresse de l’œuvre des Jardins ouvriers de l’abbé Lemire, avec qui il nouera de forts liens. L’ecclésiastique sera un grand admirateur de son travail et l’encouragera dans son activité.

A Paris, Harald-Gallén intègre la communauté scandinave et rencontre par ce biais les peintres Christian Krohg et Frits Thaulow, ce qui influence sa manière de concevoir et de représenter la nature. Ses nouvelles relations lui permettent également, grâce à un soutien financier, de suivre des cours à l’académie Julian, à l’académie Colarossi et à l’Ecole des Beaux-Arts, où il eut Gabriel Ferrier comme professeur, et probablement aussi William Bouguereau (selon L’Afrique du Nord illustrée, 15 mai 1909). Parallèlement, il se forme à la technique de l’eau-forte auprès de Fernand Desmoulin.

Il voyage à travers la France à partir de 1905, puis séjourne en 1906 en Espagne et au Maroc, grâce à une bourse de voyage financée par la communauté des peintres scandinaves de Paris. En 1907, il visite l’Italie, puis entre 1908 et 1911, il est chargé par le gouverneur général d’Algérie d’une mission artistique dans cette colonie ainsi qu’au Maroc. En 1912, il voyage en Palestine et en Egypte. C’est à cette époque que ses œuvres commencent à être exposées, que ce soit à Oran, à la villa Scala d’Alger, à l’Atanéum d’Helsinki, mais aussi à Paris, où deux importantes expositions lui sont consacrées. La première en 1909 à la galerie d’Art décoratif et la seconde en 1911, à la galerie Bernheim Jeune, durant laquelle le tableau Croissant de lune fut exposé. L’exposition fut visitée par la haute société européenne et l’on sait, par le biais d’archives, qu’on comptait parmi les acheteurs réguliers d’œuvres d’Harald-Gallén "Son Altesse Henri de Bourbon […] pressenti pour monter sur le trône de Finlande".

En 1914, Harald-Gallén visite Ceylan, l’Inde, Singapour, la Chine et le Japon. A la fin de la Première Guerre mondiale, il sert en tant qu’infirmier dans le corps de protection civile d’Helsinki avant d’être attaché à l’ambassade de Finlande de Madrid jusqu’en 1921. Il passe la fin de sa vie à Helsinki, où il meurt en 1931.