Boursier en 1875 de sa ville natale, il poursuivit ses études artistiques à Paris où il fut élève de Lefebvre, Boulanger et Julian et fut admis à l’Ecole des Beaux-Arts en 1877. Il exposa au Salon des Artistes français de 1882 à 1890, ainsi qu’un Salon des Indépendants à partir de 1887. Il participa aux Salons de la Rose + Croix en 1892, 1895 et 1897, à la Libre Esthétique, à Bruxelles en 1895 et 1897, avec des eaux-fortes et une tapisserie, et eut plusieurs expositions particulières à Paris, notamment en 1893 chez Boussod et Valadon avec Toulouse-Lautrec et en 1895 chez Vollard. Ami et conseiller de Vallotton avec qui il échangea une intéressante correspondance (publiée par Guisan et Jakubec, 1973), il fit partie du groupe d’artistes qui collaborèrent à « La Revue Blanche ». Il pratiqua toutes les techniques et donna même des modèles de tissus; il changea souvent sa manière, passant d’un art solidement classique – nus et portrait- aux innovations des synthétistes, choisissant tour à tour des sujets naturalistes ou d’un symbolisme compliqué, comme le triptyque de « L’aurore » (1891, Musée de Saint-Etienne et collection particulière) présenté au premier Salon de la Rose + Croix et dont les panneaux latéraux furent par la suite dédiés à Baudelaire et Rimbaud. Il se préoccupa aussi des correspondances entre la musique et les couleurs. Il passa, malade, les dernières années de sa vie en Bretagne et en Provence. Une exposition rétrospective eut lieu à la Galerie Bernheim-Jeune à Paris en 1921.