Matthijs Maris 1839-1917

Présentation

Né à La Haye le 17 août 1839, Matthijs Maris est le cadet des trois célèbres frères Maris, aux côtés de Jacob et Willem, qui comptent parmi les figures majeures de la peinture néerlandaise du XIX siècle. Formé auprès d'Isaac Cornelis Elink Sterk dès 1851, puis à l'Académie de dessin de La Haye de 1852 à 1855, il poursuit ses études grâce à une bourse de la reine Sophie des Pays-Bas à l'Académie royale des Beaux-arts d'Anvers, où il travaille sous la direction de Nicaise de Keyser. Aux côtés de son frère Jacob, il séjourne ensuite à Oosterbeek, foyer du paysage naturaliste néerlandais, avant de parcourir le Rhin, la Suisse et la France en 1860, voyage au cours duquel la découverte du romantisme allemand de Moritz von Schwind et Wilhelm von Kaulbach marque durablement son imaginaire. Installé à Paris en 1869, il traverse le siège de la capitale durant la guerre franco-prussienne en s'engageant volontairement dans la Garde nationale, expérience qui accentue encore son tempérament mélancolique et solitaire. Après le départ de Jacob en 1871, il connaît des années de profonde pauvreté, réalisant à contrecœur des œuvres destinées au marché, qu'il qualifiera lui-même de potboilers. Son indépendance farouche et son refus des concessions lui valent l'admiration de ses pairs : Vincent van Gogh, venu solliciter ses conseils à Montmartre, le considérait comme l'un des plus grands peintres de son temps. À l'invitation du marchand d'art écossais Daniel Cottier, Maris s'établit à Londres en 1877, où il conçoit d'abord des cartons de vitraux, des céramiques et des objets décoratifs avant de se consacrer à une peinture de plus en plus intérieure et visionnaire. Sous l'influence du préraphaélisme anglais, il abandonne progressivement le naturalisme de l'École de La Haye pour élaborer un langage poétique fait de silhouettes féminines évanescentes et de paysages de contes, baignés de gris, de bruns et de blancs vaporeux obtenus par de subtils glacis et une peinture sèche d'une extrême délicatesse. Vivant dans un isolement croissant, soutenu jusqu'à la fin de sa vie par le marchand d'art E. J. van Wisselingh, il produit peu mais atteint une intensité artistique exceptionnelle qui fera de lui l'un des grands précurseurs du Symbolisme européen.