Elisabeth Sonrel 1874-1953

Présentation

Artiste précoce, Élisabeth Sonrel commence à se former auprès de son père, le peintre tourangeau Stéphane Sonrel, avant de poursuivre son apprentissage dans l'atelier de Jules Lefebvre à l'Académie Julian à Paris, d’où elle sort diplômée en 1892. Dès l’année suivante, l'artiste expose au Salon de grandes aquarelles ainsi que des toiles représentant des figures féminines idéalisées dans un certain esprit préraphaélite qui traduisent son allégeance aux maîtres de la première Renaissance italienne, Botticelli en particulier, qu’elle avait pu admirer lors d’un séjour à Rome et Florence. Si elle ne participe jamais aux Salons de la Rose+Croix, interdits aux femmes, son œuvre entretient de profondes affinités avec l'esthétique symboliste défendue par Joséphin Péladan, qui salue lui-même en son temps la délicatesse et la précision de son art. Récompensée d'une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1900 ainsi que du prix Henri Lehmann de l'Académie des beaux-arts, elle connaît une carrière particulièrement féconde, exposant régulièrement au Salon jusqu'en 1941. Installée à Sceaux dès 1895 (fig. 1), elle partage son inspiration entre les légendes médiévales, les sujets religieux, les héroïnes idéalisées et les paysages bretons, découverts au fil de séjours réguliers à Brocéliande, Concarneau, Pont-l'Abbé, Le Faouët ou Le Loctudy, où sa palette s'éclaircit dans une veine plus naturaliste. Illustratrice recherchée de missels et d'ouvrages religieux, ses compositions sont également largement diffusées sous forme d'affiches, de cartes postales et de soieries décoratives, contribuant au rayonnement de l'Art nouveau. Tombée dans un relatif oubli après sa disparition, Élisabeth Sonrel est aujourd'hui redécouverte comme l'une des artistes majeures du symbolisme fin-de-siècle, dont l'œuvre conjugue avec une rare élégance spiritualité, poésie et raffinement décoratif.