Jules Oury, dit Marcel-Lenoir 1872-1931

Présentation

Issu d'une famille d'orfèvres de Montauban, Jules Oury s’établit à Paris en 1889, à l’âge de dix-sept ans, afin d’exercer dans un premier lieu une activité de joailler. Après un passage à l'École des Arts décoratifs, il puise son inspiration chez les primitifs italiens et français découverts au musée de Cluny et au Louvre. Décidé à devenir peintre, il prend le pseudonyme de « Marcel-Lenoir », en partie pour éviter la confusion avec son frère Louis Oury, sculpteur et affichiste. Séduit par l’art de Puvis de Chavannes et rapidement épris de symbolisme, il fréquente le poète Paul Fort et se lie avec Joséphin Péladan, qui l’invite à participer en 1897 au sixième et dernier Salon de la Rose+Croix à la galerie Georges Petit. Marcel-Lenoir y présente plusieurs œuvres enluminées d’inspiration mystique, mêlant à la somptuosité des costumes et décors le synthétisme rigoureux des figures. C’est à cette même époque que l’artiste est extrait de sa vie de bohème par l’éditeur Arnould qui, découvrant son travail pur et synthétique, lui offre d’imprimer et de diffuser ses œuvres. Vers 1902-1903, il s'éloigne progressivement de l'esthétique symboliste pour élaborer un langage personnel qui évoque à la fois les recherches des Nabis et des Divisionnistes et annonce les audaces chromatiques des Fauves. Personnalité singulière, à l'allure christique et au tempérament farouchement indépendant, Marcel-Lenoir mène une existence entre austérité et fantaisie tout en poursuivant une ambitieuse quête d'un idéal spirituel et plastique. Proche du phalanstère de l'Abbaye de Créteil fondé en 1906 sous l'impulsion du poète Charles Vildrac, il publie en 1908 son premier recueil de poèmes, de pensées et d'aphorismes sous le titre de Raison ou Déraison, témoignant de sa proximité avec ce foyer intellectuel. Installé à Bruniquel en 1915, il se consacre dès l’année suivante à la fresque et réalise entre 1920 et 1923 le Couronnement de la Vierge pour l'Institut catholique de Toulouse, vaste composition qui constitue l'un des sommets de son œuvre monumentale. Artiste complet, respectivement bijoutier et dessinateur, enlumineur et graveur, peintre et fresquiste, Marcel-Lenoir laisse à sa mort en 1931 une œuvre profondément originale, aujourd'hui redécouverte comme l'une des expressions les plus personnelles du Symbolisme tardif et du renouveau monumental français du début du XXᵉ siècle.