Maurice Feuillet 1873-1968
Enfant de Montmartre, Maurice Feuillet fréquente très jeune les milieux artistiques et journalistiques de la capitale, où il révèle un talent précoce pour le dessin. Marqué par les évènements politiques qui bouleversent la France sous la IIIe république, notamment les attentats anarchistes, il se lance dans l’illustration de presse en croquant de tels sujets et les propose au magazine anglais Black and White. Fort de ses premières expériences, il poursuit son travail d’illustrateur de presse et se fait particulièrement remarquer en 1892 par des dessins effectués lors du célèbre duel entre Déroulède et Clémenceau, dessins qu’il cède au Daily Graphic. Collaborateur de nombreux périodiques illustrés, parmi lesquels L'Univers illustré, Le Mois littéraire et pittoresque ou encore Le Petit Bleu du matin, il mène parallèlement une carrière de grand reporter et de dessinateur judiciaire. Il couvre ainsi les procès d'Émile Henry en 1894, d'Émile Zola en 1898 et d'Alfred Dreyfus à Rennes en 1899 (fig. 1). Proche des cercles artistiques parisiens, membre de la Société des Amis de l'Art japonais, il participe activement à la défense des droits des illustrateurs de presse. Après avoir collaboré à Frou-Frou puis à L'Assiette au beurre en 1901, il publie en 1904 un ouvrage commémorant le soixante-quinzième anniversaire de l'indépendance de la Belgique, présenté à l'Exposition universelle de Liège. Mobilisé dès août 1914, blessé en 1916, il sert jusqu'en février 1919, avant de reprendre ses activités artistiques et critiques. En mai 1923, il fonde Le Figaro artistique, premier supplément hebdomadaire consacré aux arts, qu'il dirige jusqu'en septembre 1926, avant de prendre la tête du Gaulois artistique, s'imposant comme l'un des critiques d'art les plus influents de son époque. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1929, il poursuit parallèlement une importante activité de peintre, d'illustrateur et d'historien du dessin ancien, devenant un expert reconnu dans ce domaine. Collectionneur passionné, il lègue avec son épouse Pauline une remarquable collection à la ville de Marseille, enrichissant durablement les collections du musée des Arts décoratifs. Disparu en 1968, Maurice Feuillet laisse l'image d'un artiste complet, à la fois chroniqueur de son temps, dessinateur virtuose et infatigable défenseur des arts graphiques.

