Leopold Löwy 1871-1940
Né à Vienne en 1871 au sein d'une famille juive d'industriels, Leopold Löwy renonce très tôt au destin que ses parents lui destinaient dans l'entreprise familiale pour suivre une voie artistique indépendante, nourrie d'une insatiable curiosité intellectuelle. Après des études d'astronomie complétées par des cours dans de nombreuses disciplines, il poursuit une formation largement autodidacte, acquérant une vaste culture et la maîtrise de cinq langues, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Installé dans sa ville natale, il fréquente assidûment le célèbre Café Central, où il côtoie les grandes figures de la vie artistique et littéraire viennoise. Cultivant avec passion le jeu d'échecs, Löwy devient membre du Neues Wiener Schachclub dès 1893, remporte plusieurs tournois et affronte avec succès des maîtres tels que Siegbert Tarrasch, Richard Réti ou Savielly Tartakower, sans toutefois accéder à l'élite internationale. C’est entre 1900 et 1920 qu’il réalise l'essentiel de son œuvre graphique, multipliant les portraits, caricatures et dessins satiriques représentant les personnalités de son entourage : écrivains, artistes et joueurs d'échecs. Il développe également progressivement un univers fantaisiste peuplé de créatures hybrides et de figures grotesques qui évoquent les drôleries médiévales, l'imaginaire de Jérôme Bosch ou de Pieter Bruegel l'Ancien, et annoncent par certains aspects les recherches du surréalisme. Outre une activité de dessinateur pour des cartes postales et des périodiques viennois, il publie en 1920 un recueil de fables qu'il illustre lui-même. Victime des persécutions antisémites après l'Anschluss, expulsé de son appartement par les autorités nazies, il choisit de mettre fin à ses jours à Vienne le 29 février 1940 afin d'échapper à la déportation. Il laisse une œuvre singulière, où l'humour, la satire et le fantastique se conjuguent pour offrir un témoignage original de la vie intellectuelle et culturelle de la Vienne fin-de-siècle.
