France Leplat 1895-1953
France Leplat naît à Lille en 1895, d'un père français et d'une mère canadienne, descendante de la romancière Rosanna Eleanor Leprohon. Très tôt attirée par les arts, elle partage sa jeunesse entre la musique et le dessin, obtenant un premier prix de piano au Conservatoire de sa ville natale avant de se consacrer définitivement à la peinture. En 1913, elle entre à l'École des Beaux-arts de Lille, où elle est récompensée, cinq ans plus tard, du premier prix Montallut en peinture et en sculpture. Grâce à une bourse, elle poursuit sa formation à Paris et s'installe en 1919 à La Ruche, haut lieu de l'avant-garde artistique. Elle y devient l'une des élèves les plus appréciées du sculpteur Alfred Boucher, qui encourage son talent et l'aide à faire connaître son œuvre. Exposant au palais Rameau à Lille à partir de 1925, la jeune artiste peintre est rapidement reconnue pour ses talents de portraitiste, et voyage en 1928 en Angleterre, où elle réalise les portraits de plusieurs personnalités, parmi lesquelles le général Pinney, Gaston Dubosc et le préfet Tourner. Débutant au Salon des Indépendants en 1929, puis au Salon d’Hiver en 1930, elle bénéficie d’expositions personnelles au sein des galeries Duguet et Ashberg en 1930 et 1931, et rencontre un certain succès auprès de la critique, comme en témoignent les lignes du Monde illustré : « Il y a du cœur et de la flamme chez Mme France Leplat […]. Le jeu subtil des couleurs ajoute une singulière poésie à ce dessin impeccable[1] ». Après avoir posé son regard et ses pinceaux sur le prolétariat urbain de la capitale, de fréquents séjours en Bretagne inspirent ses paysages et ses marines, tandis que la naissance de sa fille en 1939 renouvelle profondément son inspiration, donnant naissance à une émouvante série de portraits d'enfants et de scènes familiales. Après la Seconde Guerre mondiale, elle réalise de nombreux fusains, pastels et dessins de danseuses en partie inspirés par les cours de danse de son enfant, saisis sur le vif avec une remarquable justesse du mouvement et une certaine tendresse d'une grande poésie. Longtemps demeurée confidentielle, son œuvre a été redécouverte au cours des dernières décennies, notamment à l'occasion de l'exposition qui lui fut consacrée au musée du Montparnasse en 2008

