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ARTISTE

Jean Veber, école française, galerie drylewicz, peinture, peintre, dessinateur, artiste

Jean VEBER

(1886-1928)

Né en 1864, Jean Veber est le fils d’un créateur renommé de motifs pour denteliers et brodeurs. Après des études littéraires, puis les Beaux-Arts, il se fait d’abord connaître par ses caricatures qui paraissent dans des publications comme le Gil Blas, Comica, l’Assiette au beurre, Le Rire où sa verve et la force de son trait font sensation. Parallèlement, il illustre des livres comme ceux d’Anatole France ou de son ami Edmond Rostand.
Dessinateur de presse, Jean Veber rêvait de reprendre sa liberté pour se consacrer à la peinture et à la lithographie. Lorsqu’il put acquérir sa propre presse lithographique, sa production devint très importante. Mais il ne délaissa pas pour autant la veine satirique, faisant scandale avec Le Boucher (musée de Buenos Aires), qui suscita une protestation du gouvernement allemand : on y voyait Bismarck en tablier de boucher, sur le seuil de sa boutique dont les vitrines exhibaient des soldats dépecés. Mais les caciques de la IIIe République n’étaient pas épargnés non plus : Clemenceau à la tribune et les troubles de 1907 (« Tant que nous serons au pouvoir, nous ferons l’éducation de la démocratie »), Jaurès et Briand à l’Assemblée (musée Carnavalet et musée de Buenos Aires), La Grande Misère (Caillaux et l’impôt sur le revenu) ou L’Opinion publique et ses badauds aveugles encagoulés de journaux. La politique coloniale de la France est également stigmatisée, tant avec Notre-Dame des Colonies qu’avec La République Négresse – de même que les luttes entourant la séparation de l’Église et de l’État avec la célèbre Polka des cathédrales.
Jean Veber excelle dans les scènes de genre où il ironise avec brio sur les turpitudes et les pompes bourgeoises. Mais son humour – moins grinçant que celui d’un Forain – n’exclut pas une certaine tendresse chez cet artiste qui aime regarder vivre les natures franches et simples. On citera par exemple La Barbière, Les petits Buveurs, La Demande en mariage, Les Pochards, Auteuil, Les Joueurs de bouchon, Le Père la Chicaille ou encore La Soirée bourgeoise ou Chez Durand.
Selon l’usage de l’époque, nombre de ces lithographies étaient tirées de tableaux, auxquels la gravure, avec sa large diffusion, apportait le véritable sacre populaire. Car Jean Veber, ne l’oublions pas, fut un peintre fécond, régulièrement accroché au Salon et aujourd’hui présent, notamment, au musée de Lille, (L’Éternelle Convoitise), au musée du Luxembourg (La Petite Princesse), au musée du Petit Palais (Madame l’Oie, Les Trois Bons Amis, Les Plaisirs du dimanche) ou au musée Carnavalet (La fête à Neuilly). Il obtint un vrai triomphe avec Les maisons ont des visages, exposé à la Nationale. mais sa composition la plus réussie demeure peut-être le grand panneau mural qu’il réalisa pour la buvette de l’Hôtel-de-Ville de Paris : une noce dans une guinguette, avec plus de 200 personnages et une verve truculente qui cherche son inspiration du côté des Flamands (de Bruegel à Teniers), voire du Goya des Caprices.
Jean Veber connaîtra la vraie consécration lorsque la Manufacture des Gobelins (qui, à l’instigation de Gustave Geffroy, ouvre ses portes aux artistes contemporains, en particulier aux impressionnistes) et la Manufacture Nationale de Beauvais lui commanderont des cartons de tapisseries. Présentées à l’Exposition Universelle de 1925, en tentures ou comme garniture de mobiliers, ces tapisseries obtinrent un énorme succès. (une rétrospective de l’œuvre de Jean Veber sera ultérieurement organisée au Petit Palais en 1930).
Les succès ne font pas oublier à l’artiste les valeurs essentielles : la droiture, la loyauté, la fraternité, le courage, la fidélité… Pour Jean Veber, l’amitié n’est pas un vain mot, et ses confrères le lui rendent bien : « J’aime Veber comme un frère », confie le dessinateur Willette. « C’est un peintre de très haute valeur et un ami simple et sûr. », dit Léandre… Et Guillaume : « C’est un homme droit, aimable et plein d’esprit. » Henri Le Sidanner écrit à son tour : « Esprit frondeur mais sans méchanceté, son sourire ingénu nous mettait tout de suite à l’aise », et il ajoute : « son âme témoignait d’une véritable piété envers les simples et les braves gens. »

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OEUVRES DE L'ARTISTE AU CATALOGUE

  • La princesse et les nains, symboliste, XIXème, école française, jean veber, oeuvre sur papier

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